Invitation – Insupportable absence (Nancy, France)

 

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Nous vous invitons à une soirée – débat

L’insupportable absence
et la réaffirmation d’une vie juive en Pologne aujourd’hui

Dans le cadre de Mai de l’Europe
organisé par la Mairie de Nancy

Logo Mai de l'Europe

Dimanche, 6 mai 2018, 16h30-18h30

Grand salon de la Mairie de Nancy

Organisation

  • Association Européenne du Musée de l’Histoire des Juifs de Pologne POLIN (AEMJP)
  • Association Culturelle Juive de Nancy
  • Centre de Recherche sur les Cultures et les Littératures Européennes CERCLE, Université de Lorraine
  • Consulat de la République de Pologne à Nancy

Soirée – débat avec la participation de :

  • Didier Francfort, historien, président de l’Association Culturelle Juive
  • Paul Gradvohl, historien
  • Jean-Pierre Marchand, philosophe
  • Joanna Pawelczyk, théâtrologue
  • Gérald Tenenbaum, mathématicien et écrivain
  • Anna C. Zielinska, philosophe
  • Bogdan Bernaczyk-Słoński, ancien consul de Pologne à Lille, directeur de l’Institut d’Adam Mickiewicz à Varsovie
  • Jacek Rewerski, historien, graphiste, peintre
  • En présence de Monsieur Jean-Michel Berlemont, adjoint au Maire de Nancy

  • Philippe Ancel présentera ses travaux  représentant l’imaginaire de l’histoire de la vie juive.
  • Tomasz Pietrasiewicz, directeur du Théâtre NN à Lublin (théâtre célébrant l’héritage juif de la région de Lublin) (sous réserve de confirmation) 

Evénement facebook

L’insupportable absence et la réaffirmation d’une vie juive en Pologne aujourd’hui.

Nous voudrions proposer une soirée de réflexion sur à la fois les mécanismes de la destruction, de l’effacement et du départ des juifs polonais de Pologne, et sur les dynamiques qui portent des formes inédites de présence nouvelle du judaïsme dans ce pays. De courtes projections de fragments de films ou de spectacles enregistrés illustreront les échanges entre participants.

  • Le débat sera modéré par Anna Zielinska & Paul Gradvohl.
  • La séance commencerait par des extraits vidéo de l’œuvre Yael Bartana, « And Europe Will Be Stunned » (2011), et des spectacles « Classe morte » de Tadeusz Kantor et « A-Pollonia » de Krzysztof Warlikowski, grands metteurs en scène polonais ayant marqué les théâtres français, notamment.
  • Pendant la discussion, des photos et des enregistrements vidéo proposés par le Musée POLIN seront également présentés, dont la présence au centre de Varsovie est symboliquement et réellement très forte. Seront évoqués aussi des bâtiments analogues à Berlin.

La soirée sera l’occasion, en association avec l’ACJ, de lancer la constitution des archives virtuelles des Juifs de Nancy, polonais en particulier (étant donné l’histoire spécifique de la région), en collaboration avec  l’Association Européenne du Musée de l’Histoire des Juifs de Pologne POLIN (AEMJP).

Contexte

Avant 1939, c’est en Pologne qu’on comptait la plus forte population juive au monde – les premières traces de cette présence remontant au Xe  siècle.

Cette composante de la diaspora juive médiévale puis moderne a largement contribué à faire de la Pologne un pays réellement multiculturel et multi-religieux. Toutefois, cet héritage a connu une fin tragique et abrupte. La Shoah a anéanti plus de 90% des 3 millions de Juifs de la Pologne de 1939. Nombreux furent ceux et celles qui ont quitté le pays après la guerre, en trois vagues fort différentes : entre 1945 et 1950 alors que les Juifs qui n’étaient en aucun cas restés à leur domicile trouvaient difficilement leur place dans la société en voie de soviétisation ; en 1957-1958 à l’occasion de l’arrivée massive de rapatriés polonais de l’URSS dont un certain nombre de Juifs ; et enfin en 1968 à l’issue de la brutale campagne antisémite promue par l’aile stalinienne du parti au pouvoir. Cette absence a donc été renforcée jusqu’à la fin des années 1960 et, en même temps étouffée pendant les décennies.

Ce n’est donc que dans les années 1990 que des Polonais le plus souvent non-juifs ont commencé à la ressentir et à tenter de préserver ce qui pouvait l’être. Les Polonais juifs, restés sur place, donc quelques milliers tout au plus, eux aussi, ont voulu retrouver les éléments de leur passé pour les intégrer dans leur modernité. Certes, l’antisémitisme était présent ici et là, aux marges de la vie politique transformée depuis 1989, y compris chez certains représentants de l’Église catholique. Mais il ne représentait pas la voix majoritaire, loin de là.

Le désir de Polonais juifs et non-juifs de se retrouver autour de cet héritage spécifique à cette région a été pris en charge par quelques institutions: ZIH – Institut Historique Juif de Varsovie, la Fondation Shalom, le théâtre Juif de Varsovie, le Musée Juif Galicja à Cracovie, le théâtre Brama Grodzka NN à Lublin, et enfin le Musée POLIN à Varsovie. Ce sont aujourd’hui des acteurs phares du renouveau de la vie culturelle juive. Certains événements, devenus emblématiques, traduisent ce « retour » imprévu: le cultissime Festival Klezmer (de Culture Juive) à Cracovie. Et des œuvres littéraires, des films et des pièces de théâtre parmi les plus regardés sont parsemés d’évocations de l’absence insupportable, du vide laissé par la Shoah.

La soirée à laquelle nous vous convions autour de cette renaissance multi-facette du judaïsme en Pologne, permettra grâce à la combinaison de courtes projections et d’une discussion entre spécialistes et acteurs polonais, de mieux saisir un phénomène qui semble difficile à comprendre pour de nombreux Européens marqués par les traumatismes de la Shoah et de ses suites. En effet, on constate la convergence entre, d’une part, une dynamique portée par des Polonais ne se revendiquant pas comme juifs, mais affirmant simplement que le pays doit garder pluralisme culturel et religieux pour base de son identité, et, d’autre part, la relance de la vie communautaire et culturelle juive par des juifs polonais restés en Pologne et par d’autres partis en émigration et revenus (parfois même il s’agit d’enfants ou de petits-enfants d’émigrés). Signe du changement des circulations culturelles en Europe, cette situation originale mérite attention car elle encourage à dépasser bien des stéréotypes sur la culture juive, sur ses rapports avec les cultures nationales, et bien d’autres.

Contactez les organisateurs

 

L’image: Emilia Wanat, Mural created by Israeli collective Broken Fingaz from Haifa in Kazimierz – the Old Jewish District in Kraków/Poland

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