Autour de la loi polonaise – the new Polish law

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Dariusz Stola, POLIN Museum
Dariusz Stola, POLIN Museum

Statement of Dariusz Stola, the Head of the POLIN Museum in Warsaw concerning the debate around the new Polish law aiming at protecting the “good name” of Poland in the context of the crimes of Shoah. The AEMJP is saddened and worried by the tone of the discussion that is currently taking place in Poland. We express all our support to various institutions defending the freedom of expression and of research relative to the Polish Jewish history. POLIN Museum and Auschwitz-Birkenau Memorial and Museum, remain crucial places of collective European memory, where, along with exceptional heroism, many individuals of all origins committed crimes that should not be forgotten (AEMJP).

We do understand the pain and outrage of those who realize how fallacious and unjust are the terms “Polish concentration camps” or “Polish extermination camps.” At the same time, we are aware that such terms most often stem from ignorance, and therefore the right way to react is to promote education.

Passing a law that may exert a negative influence on historical research, that is on searching for the truth about the past, is not a good solution. We feel that the proposed legal measure poses a major risk of such damaging impact. It is highly likely that it will trigger an atmosphere of intimidation and discourage scholars, especially those of the younger generation, from tackling difficult subjects related to crimes committed in the twentieth century on the Polish soil. These concerns are confirmed by vicious attacks on a number of Holocaust historians that we have witnessed with indignation over the past several years.

Moreover, many people may perceive the proposed amendment as an attempt to stifle the debate on crimes committed by Poles, as political interference in historical disputes, and, ultimately, as a confirmation of anti-Polish prejudice.

Allowing space for honest debates on events from our dramatic past was a great success of the Third Polish Republic. Polish debates on Jedwabne, on collaboration with the Communist Security Service, or on the postwar deportations of Germans from the Western Territories were our joint national achievement, despite the voicing of some extreme and unfounded opinions. These debates drew us closer to a deeper understanding of our past, the moral dilemmas of humankind, and risks for the future.

Enormous progress was also achieved in the field of historical research in Poland, including Polish contributions to international studies of the Holocaust. POLIN Museum’s core exhibition was created thanks to cooperation with scholars from Poland and abroad. Its Holocaust Gallery, which was produced by a team led by Professors Barbara Engelking and Jacek Leociak, eminent scholars from the Polish Center for Holocaust Research, demonstrates that we are capable of presenting the most dramatic and painful issues in a finely balanced and truthful way.

We are not responsible for a past on which we had no influence. However, we are responsible for what we do about that past today. Above all, we owe the truth to the victims of past crimes, and the truth is fueled by an open and factual discussion.

Dariusz Stola, head of POLIN Museum of the History of Polish Jews

france

Déclaration de Dariusz Stola, le directeur du musée POLIN à Varsovie, au sujet du débat autour de la nouvelle loi polonaise visant à protéger la « bonne réputation » de la Pologne dans le contexte des crimes de la Shoah. L’AEMJP est attristé et inquiet par le ton des discussions qui ont lieu actuellement en Pologne. Nous exprimons tout notre soutien aux différentes institutions qui défendent la liberté d’expression et de recherche sur l’histoire des Juifs de Pologne. Le musée POLIN et le mémorial et musée d’Auschwitz-Birkenau restent des lieux essentiels de la mémoire collective européenne où, à côté de l’héroïsme exceptionnel, de nombreux individus de toutes origines ont commis des crimes qu’on ne veut pas oublier (AEMJP).

Nous comprenons la douleur et l’indignation de ceux qui voient les termes « camps de concentration polonais » ou « camps d’extermination polonais » comme incorrects et injustes. En même temps, nous sommes conscients que ces termes sont le plus souvent le résultat de l’ignorance, et donc la meilleure façon d’y réagir est de promouvoir l’éducation sur ces questions.

L’adoption d’une loi qui pourrait exercer une influence négative sur la recherche historique, c’est-à-dire sur la recherche de la vérité sur le passé, n’est pas une bonne solution. Nous estimons que la mesure juridique proposée constitue un risque majeur d’un tel impact dommageable. Il est très probable que cela déclenchera une atmosphère d’intimidation et découragera les chercheurs, en particulier ceux de la jeune génération, à aborder des sujets difficiles liés aux crimes commis au XXe siècle sur le sol polonais. Ces préoccupations sont confirmées par des attaques vicieuses contre un certain nombre d’historiens de l’Holocauste dont nous avons été témoins avec indignation au cours des dernières années.

De plus, beaucoup de personnes pourraient considérer l’amendement proposé comme une tentative d’étouffer le débat sur les crimes commis par les Polonais, comme une ingérence politique dans les conflits historiques et, en fin de compte, comme une confirmation des préjugés anti-polonais.

Permettre un espace pour des débats honnêtes sur les événements de notre passé dramatique a été un grand succès de la Troisième République polonaise [appellation apparaissant dans la Constitution de 1997]. Les débats polonais sur Jedwabne, sur la collaboration avec le Service de Sécurité Communiste, ou sur les déportations des Allemands des Territoires de l’Ouest après la guerre furent notre accomplissement national commun, malgré l’expression de certaines opinions extrêmes et infondées. Ces débats nous ont rapprochés d’une compréhension plus profonde de notre passé, des dilemmes moraux de l’humanité et des risques pour l’avenir.

D’énormes progrès ont également été réalisés dans le domaine de la recherche historique en Pologne, notamment les contributions de la Pologne aux études internationales sur l’Holocauste. L’exposition principale du musée POLIN a été créée grâce à la coopération avec des chercheurs polonais et étrangers. Sa galerie consacrée à la Shoah, réalisée par une équipe dirigée par les professeurs Barbara Engelking et Jacek Leociak, éminents chercheurs du Centre polonais de recherche sur l’Holocauste, montre que nous sommes capables de présenter les questions les plus dramatiques et douloureuses d’une manière équilibrée et exacte.

Nous ne sommes pas responsables d’un passé sur lequel nous n’avions aucune influence. Cependant, nous sommes responsables de ce que nous faisons à propos de ce passé aujourd’hui. Surtout, nous devons la vérité aux victimes des crimes passés, et la vérité est alimentée par une discussion ouverte et factuelle.

Dariusz Stola, directeur du Musée POLIN

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